Mica nous partage un moment clé de sa vie. Après avoir passé 15 ans à Londres, elle se prépare à tout laisser derrière elle, retourner en Australie, construire une famille, et commencer le nouveau chapitre de sa vie.

Partagée entre excitation, peur du changement, perdre d’identité et recherche de sens, elle a décidé de faire une retraite psychédélique avec Tangerine Retreat.

Bien plus qu’une simple histoire sur les psychédéliques, ce témoignage explore les notions de transition, identité, peur, amour, lâcher-prise et renouveau intérieur.

C’est un échange qui parlera même aux personnes qui ne sont pas nécessairement intéressées par ce genre d’expérience, mais qui traversent une période de changements ou qui se questionnent sur leur vie.

Bonjour Mica, peux-tu te présenter ?

J’ai grandi à Perth, en Australie. J’ai découvert l’Europe lorsque j’avais 17 ans, en voyageant à sac à dos, et je suis tombée amoureuse de l’Europe. Je suis retournée en Australie à mes 19 ans et j’ai passé les 15 dernières années de ma vie à Londres. J’avais toute ma vie là-bas ; j’ai rencontré mon mari, notre mariage a eu lieu là-bas et j’avais tout un groupe d’amis. Je suis retournée à Perth pour y vivre que récemment.

J’ai eu une enfance très heureuse. Je suis très proche de mes parents ; j’ai un frère. Mais j’ai grandi loin d’eux. Si vous pensez à qui vous étiez à vos 17 ans et à qui vous êtes dans votre trentaine, c’est complètement différent. Donc, même si je les voyais souvent et que je passais beaucoup de temps avec mes parents, mon identité a été construite à Londres.

C’était un sacré ajustement de se préparer à revenir vivre à la maison avec eux.

Qu’est-ce qui t’a menée à la retraite psychédélique ?

Je suppose qu’il y a la part intellectuelle de cette expérience. Je possède une licence en psychologie que j’ai commencée dans ma trentaine. J’ai quitté ma carrière d’entreprise et je suis retournée à l’université, car la psychologie m’a toujours intéressée. C’était ma passion. Lors de ma dernière année d’étude, j’ai commencé à m’intéresser aux choses plus expérimentales, comme la psilocybine et les psychédéliques en général, non pas seulement pour traiter des maladies mentales, mais aussi comme forme de thérapie. J’ai trouvé le sujet si fascinant : j’ai fait énormément de recherches sur le sujet et j’ai consulté beaucoup d’ouvrages.

Je pense que l’idée de débloquer une partie de son cerveau dans un environnement thérapeutique est si fascinante. L’usage des psychédéliques dans l’usage thérapeutique est encore étudié en surface. Je veux juste explorer cette piste un peu plus, je suppose. Professionnellement et intellectuellement, je suis intéressée par les psychédéliques et ce qu’ils peuvent débloquer.

Certaines publications que j’ai consultées parlent de patients en fin de vie et comment cela les a aidées à accepter leur vie et la mort. C’est tellement fascinant.

Concernant la retraite et le côté émotionnel, je me préparais à quitter Londres. On avait fait les démarches de visa australien pour mon mari. On avait vendu la maison. On était presque prêts, mais j’avais vraiment du mal avec la transition. Je suppose que plein d’émotions sont venues à moi avec ces changements : nous sommes venus en Australie pour débuter la prochaine étape de notre vie, pour acheter une maison. Je suis même enceinte de cinq mois au moment où l’on parle.

Il y avait de la peur, de l’excitation, mais il y avait aussi beaucoup d’émotions liées au fait de laisser mon ancienne identité derrière pour en trouver une autre, et aussi être en paix avec le fait d’être entourée par ma famille. Vous savez, j’aime mes parents. Nous sommes proches, mais il y a des choses que je voulais comprendre et des sentiments qui remontaient. Donc, lorsque j’ai recherché à faire une retraite psilocybine, je vous ai trouvés et cela semblait être le moment opportun. Les dates s’alignaient parfaitement.

Je pense que j’avais encore quelques semaines à passer en Europe lorsque je vous ai trouvés. Vous aviez encore quelques places et c’est comme si l’univers ne faisait qu’un.


Une maison cossue dans la campagne, le lieu de résidence de la retraite

Retraite psychédélique aux Pays-Bas

Du 23 au 25 sept. 2026

  • Langue(s) parlée(s) : anglais français Néerlandais
  • Cérémonie psilocybine encadrée
  • Présence d'un médecin ou infirmier lors des cérémonies
  • Sessions de préparation individuelles
  • Chambre double ou privée
  • À partir de 1 990 €

Avais-tu des peurs ou des craintes lorsque tu as décidé de t’inscrire à la retraite psychédélique ?

J’avais déjà pris des hallucinogènes avant, donc je savais à peu près à quoi m’attendre, mais il y avait toujours la peur d’une dose forte et ce que cela allait faire remonter en moi. Une petite part de moi était inquiète : que va-t-il se passer si j’ai de gros doutes sur notre départ en Australie ? Est-ce que je veux des enfants ? Et si jamais cela fait jaillir des choses difficiles en moi ? Ce serait un peu tard pour aller voir mon mari et lui dire « Désolée, en fait, je ne veux pas faire ça. » Il y avait ce genre de questions : et si j’ouvrais la boîte de Pandore et que je ne pouvais plus la refermer ?

Il y avait aussi des peurs assez basiques avec cette démarche. Je vais aller dans un groupe de personnes que je n’ai jamais rencontrées. Vous savez, échanger d’une façon assez émotionnelle et profonde avec des étrangers dans un pays que je ne connais pas où je ne parlerai pas toujours la langue native.

Je suis une voyageuse. J’ai beaucoup voyagé seule, mais cela semblait différent. Il y avait une vulnérabilité dans cette démarche qui n’est pas présente lors d’autres voyages.

Entretien avec un facilitateur.

Qu’est-ce qui t’a rassurée sur nos retraites ?

J’étais en route pour Paris pour un séjour avec une amie lorsque j’ai rempli le formulaire d’inscription et ai essayé d’avoir toutes les informations nécessaires. Lorsque j’ai vu à quel point les questions demandaient de la réflexion, je me suis sentie rassurée. Lors de mon entretien téléphonique, vous vous êtes assuré que j’étais la bonne personne pour la retraite, que je comprenais dans quoi je m’engagerais, que je comprenais l’environnement dans lequel la retraite se passerait. Vous m’avez même dit que quelque chose de négatif pourrait resurgir et que vous seriez là pour m’aider si besoin.

Aussi, tout simplement, je pense que la connexion que nous avons eue m’a rassurée. Il n’y avait pas beaucoup de temps pour apprendre à se connaître avant la retraite, car j’étais la dernière personne à rejoindre le groupe. Avoir un groupe WhatsApp, avoir quelqu’un, de l’aide pour la logistique : c’était aussi très rassurant pour moi.

Comment décrirais-tu l’ambiance du groupe ?

Nous partagions les mêmes idées au global. Au début, il y a toujours ce moment où il faut briser la glace et ce sentiment d’essayer de connaître les gens. Mais très rapidement nous étions confortables les uns avec les autres. Je pense qu’il y avait une vraie notion où nous étions là pour un voyage ensemble, mais que chacun venait pour ses propres raisons. C’était absolument fascinant d’écouter les raisons des uns et des autres.

Bien entendu, chacun pouvait partager autant qu’il le souhaitait, s’il le voulait. Personne n’était forcé de parler si on ne le voulait pas. C’était très fascinant d’apprendre que certaines personnes étaient là juste par curiosité. D’autres recherchaient une connexion émotionnelle.

Il y avait une personne qui était là juste pour accompagner son partenaire ; il a fini par vivre son propre voyage. On avait l’impression d’être unis. Pour plusieurs participants, c’était aussi leur première fois, ce qui était d’autant plus rassurant. Mais plusieurs personnes avaient déjà participé à des retraites par le passé, ce qui est une bonne chose. Tout cela a contribué à l’ambiance du groupe.

Qu’as-tu pensé du centre de retraite en lui-même ?

C’était magnifique. Je pense que l’environnement est si important. C’était merveilleux d’être dehors dans la nature comme nous l’étions. Avoir la forêt et cette verdure autour de vous… mais la maison en elle-même était aussi très jolie. Elle était très confortable. Une fois de plus, c’est une chose en moins à se soucier lorsque le lieu est charmant et que les lits sont confortables et propres. La nourriture était aussi merveilleuse et délicieuse.

Cela signifie que lorsque nous avons vécu l’expérience, nous étions très calmes et détendus. C’est un lieu qui facilite le voyage que vous êtes sur le point de commencer.

Comment s’est passée ta première expérience de breathwork ?

C’est très intéressant pour moi d’y repenser, car je ne me serais jamais qualifiée de personne spirituelle. Je pense que j’ai toujours était entourée de spiritualité et j’ai passé beaucoup de temps avec des personnes spirituelles, mais je ne m’y suis jamais vraiment intéressé. Lorsque nous avons médité, participé au breathwork, nous étions tous dans la même pièce.

Lorsque j’y pense, c’était assez bizarre, car j’ai vraiment ressenti que c’était le début de quelque chose pendant le breathwork. Et je me souviens avoir dit ensuite à l’un des facilitateurs qui était là : « J’ai l’impression que j’allais quelque part lors du breathwork, tu sais ? Je commençais à ressentir une connexion à quelque chose comme je ne l’ai jamais vécu. » Je pense vraiment que cela m’a ouverte à l’expérience. Cela m’a permis d’ouvrir mon esprit de la façon dont j’avais besoin pour faire l’expérience et c’est quelque chose que je continue de faire. J’ai pratiqué le breathwork plusieurs fois depuis, car je pense que l’expérience en elle-même était si reposante, juste avant quelque chose qui sera si transformateur.

Préparation du thé aux truffes de psilocybine

Comment s’est déroulée la cérémonie du thé ?

Le jour de la cérémonie, nous sommes tous allés dans la salle principale. Je pense que c’est important que nous ayons été présents lors de la confection du thé à la psilocybine. J’ai vraiment ressenti l’aspect cérémonial de la préparation, quelque chose qui était pris au sérieux, qui était sacré.

Au début, on nous a demandé de discuter des doses avec notre facilitateur. C’était une séance individuelle, ce qui a beaucoup aidé. Ils nous ont expliqué à quoi nous attendre et quelle dose nous voulions prendre. Il y avait toujours la possibilité de décider si nous voulions une dose plus ou moins forte. C’était très rassurant d’en parler avec quelqu’un.

Ensuite, lorsque nous préparons la psilocybine, nous l’écrasons telle une pâte, on y ajoute de l’eau chaude et on prépare notre thé. C’était assez merveilleux de voir l’eau devenir complètement blanche. Vous pouvez voir l’eau se transformer devant vos yeux, ce qui est magnifique. En tant que personne ayant un regard fixé sur l’aspect psychologique, c’est très puissant ; la cérémonie m’a vraiment aidée à voir l’aspect spirituel de l’expérience.

En m’inscrivant pour la retraite, c’était quelque chose où j’allais avec un esprit très scientifique. Avant de préparer notre thé à la psilocybine, il y avait de la sauge qui brûlait au-dessus de nous pour purifier notre aura et pour nous préparer à la « médecine ». Cela a vraiment aidé à créer un lieu très paisible. Je me souviens, après la préparation, je ressentais uniquement de l’enthousiasme.

J’ai gardé un journal lorsque j’étais à Tangerine Retreat, que j’ai relu avant notre entretien. Le matin de la cérémonie, j’ai écrit : Je pense que quelque chose de magique est sur le point de se passer. Je l’ai ressenti si fort, que cela serait une expérience magique.

Comment s’est déroulée ton expérience psychédélique ?

Au début, on est dans une grande pièce. On s’allonge tous, mais chacun dans son coin. On a chacun un lit, une couverture, un masque, et on se sent très cosy, vous savez ? C’est un environnement tellement charmant pour commencer l’expérience.

Ensuite on s’assoit ; il y a comme un sentiment d’excitation dans l’air. On prend notre dose. L’autre chose qui était superbe était la musique jouée durant toute l’expérience. Je pense que j’ai toujours la playlist sur mon téléphone. Je l’écoute lorsque je médite, car cette musique sonne comme quelque chose venant du film Interstellar. Cela m’a aidée à profiter de l’expérience et ça l’a guidée.

Lorsque je me suis allongée pour la première fois, j’ai bu ma dose de thé. J’ai mis mon masque sur les yeux et je me suis allongée. Au début, j’écoutais juste la musique. Je me souviens avoir pensé :

« Je suis prête, qu’importe ce que tu m’apportes. Je m’ouvre à toi. »

L’intention que j’avais mise sur papier était : Je me suffis. Je voulais vivre cette expérience et en ressortir en sachant que je me suffis et que je peux traverser la prochaine étape de ma vie. Je suis heureuse là où je suis. C’est un moment transitoire auquel je suis en quelque sorte préparée.

Cela faisait 20-25 minutes que j’étais allongée, confortable, à écouter la musique, enthousiasme. Et j’ai commencé à voir des lumières scintiller. Bien sûr, tout ça avec le masque sur les yeux. Et j’ai essayé de regarder à travers les lumières plus intensément. Plus j’essayais de regarder à travers elles, plus elles s’éloignaient. C’était assez bizarre. C’était comme si je jouais avec elles.

J’ai fini par penser : ça y est, je suis prête. Dès que vous êtes prêtes à me prendre avec vous, je vous suis. Et ensuite, d’un coup, c’était comme si j’allais dans l’univers. C’était comme si l’univers tout entier s’ouvrait en face de mes yeux et que j’étais soudainement dans cette galaxie en train d’admirer toutes ces images et lumières incroyables. Le sentiment que j’ai ressenti quasi instantanément était, qu’importe qui sera là, cette personne sera heureuse de me voir. Comme si elle m’avait toujours attendue. Comme si elle m’avait attendue et avait essayé de percer à travers moi toute ma vie. J’étais là et elle était si heureuse de me voir. C’était comme une grande fête. Tout le monde se réjouissait car j’étais enfin là. Je me laissais enfin porter. J’ai pensé : j’y suis arrivée.

Ensuite il y avait toutes sortes d’images que tu peux espérer voir. Il y a le côté visuel de l’expérience, qui va bien avec la musique, que sont les couleurs et les différentes visions. Il y avait des châteaux ou des palaces. Mais le sentiment accompagnant cette expérience était comme être guidée dans ce voyage par ces êtres qui vous adorent et vous aiment.

Le sentiment qui m’a envahie avec tout ça était de comprendre que j’étais aimée de tous. J’étais si chanceuse. Quelque chose a continué de me répéter encore et encore : « Oh mon dieu, regarde à quel point tu es entourée d’amour dans ta vie. Réalise à quel point tu es chanceuse. »

J’ai fait cette expérience avec des choses très basiques : je voulais explorer ma relation avec mon père davantage, car mon père était un peu distant. Et tout a disparu, car cela m’a appris que toutes ces petites idiosyncrasies qu’on a avec notre famille et nos amis, toutes ces petites choses qui nous relient, toutes les choses qui arrivent dans la vie, tout est entremêlé d’amour. Tu es tellement aimée par ta famille, tu es tellement aimée par tes amis, tu es tellement aimée par ton mari. Chaque chose, même les mauvaises, même les conflits que tu as ne sont qu’amour. Voilà ce que j’ai ressenti durant toute l’expérience.

Je me souviens avoir pleuré de joie, de pure joie. Et c’est merveilleux, car tu vis ton expérience ; tu peux bien sûr entendre les personnes autour, mais tu restes dans ta propre expérience. Je me souviens être allongée avec les larmes qui coulaient sur mon visage et j’ai juste senti une main mettre un mouchoir dans ma main : c’était mon facilitateur. On sent vraiment qu’ils sont des anges gardiens qui prennent soin de nous, vous savez. Je pouvais ressentir leur présence autour de moi. Je pouvais ressentir que des personnes prenaient soin de moi et je me suis tellement sentie en sécurité durant tout le temps du voyage.

Rivière avec un fort courant.

Et il y avait d’autres moments qui venaient et partaient. J’ai vraiment vu ma vie comme une rivière, si cela fait sens. J’ai vu que les personnes qui entrent dans ta vie rendent la rivière plus forte, ils viennent et s’en vont et c’est OK, car chaque chose qui vient et part te nourrit. Pour moi c’était quelque chose d’énorme, évidemment : je ressentais beaucoup de conflits quant au fait de quitter mes amis, de laisser ma vie derrière moi, de laisser toutes ces connexions. J’avais peur de perdre contact avec ces personnes. J’ai vraiment compris que ça ne serait pas le cas : même si nous ne nous parlons plus jamais, elles compteront toujours pour moi et auront apporté quelque chose à ma vie. C’est très, très spécial.

J’ai aussi ressenti ce sentiment intrinsèque sur le fait d’avoir des enfants. J’ai vu ma famille. J’ai vu mon mari et moi. J’ai vu comment nous pourrions être unis et tout était entouré d’amour, comme s’il y avait cette lumière blanche brillante qui englobait tout ça.

Mon mari voulait des enfants. Je savais que j’en voulais, mais je n’en ressentais pas le besoin et n’étais pas super maternelle. Lorsque j’ai vu cette image, j’ai réalisé que j’apporterais davantage d’amour dans ce monde. J’apporterais plus qu’une simple connexion. Et j’ai fait cette connexion avec mon histoire familiale. J’ai vu mon père et moi, et mes enfants ; j’ai vraiment vu cette interconnexion. C’était très intéressant, car, dans ma vision, c’était une fille, une petite fille… et nous attendons une fille, ce qui est fou.

Lorsque le docteur me l’a annoncé, j’étais là : Je savais que c’était une fille. Je veux souligner que ce n’est pas quelque chose auquel j’aurais cru, je suppose, si je ne l’avais pas vécu. Je ne suis pas le genre de personne qui croit en l’univers et à la destinée. Mais je me souviens dire à ma mère : si tu étais une personne très religieuse, tu te sentirais comme si tu avais vu Dieu. C’est ce que j’ai ressenti. C’était comme toucher le divin. Je pense que c’est ce que j’ai dit lorsque le groupe m’a demandé ensuite : qu’as-tu ressenti ? J’ai senti comme si je touchais le divin. C’était comme une connexion à quelque chose qui est bien plus grand que moi.

As-tu vécu certains moments difficiles pendant l’expérience ?

Eh bien, six heures est fou, car cela passe très vite. Il y avait peut-être un moment où les lumières sont devenues aveuglantes et les couleurs très intenses, mais je n’appellerais même pas ça de l’anxiété. Il n’y avait aucuns sentiments négatifs, vraiment ; c’est juste devenu très intense. Je me souviens juste sentir ma propre main et la frotter pour m’auto-calmer, et juste dire : tu sais, tout va bien. Tout va bien aller. Tu es en sécurité.

C’était marrant, car le facilitateur m’a dit : « Oh, je pouvais voir ce que tu faisais. » Et, bien entendu, le facilitateur serait venu à moi si j’en avais eu besoin. À tout moment, on peut enlever notre masque. On peut demander de l’aide. Mais, pour moi, vraiment, ce mouvement avec ma main était très important. Je pense que c’est comme si j’étais là pour moi-même. C’était très bref.

Ensuite, doucement, j’ai vécu toute l’expérience. Je pense que la façon dont on réalise qu’on sort de cet état est comme lorsqu’on entend les choses davantage et qu’on devient plus conscient de la sensation de la couverture, par exemple. On devient un peu plus ancré dans notre corps.

J’ai retiré mon masque à un moment pour aller aux toilettes. Comme les visions étaient intenses, je ne savais pas trop à quoi m’attendre en le retirant. Vais-je pouvoir marcher ou voir ? Et lorsque j’ai retiré mon masque, tout était normal. Il y avait un peu de scintillements autour de moi, mais j’ai parlé à mon facilitateur, qui m’a aidée à marcher jusqu’aux toilettes. Je me souviens avoir pensé : wow, c’est fou que tout ce passe dans ma tête, dans mon esprit.

Cela montre bien les effets des hallucinogènes et comment ils sont censés être pris. Lorsque tu mets de côté l’environnement extérieur, tu peux vraiment puiser à l’intérieur. Si on nous laissait marcher dehors ou voir, on n’aurait jamais eu la même expérience. Regarder les arbres, les lumières et les scintillements est magnifique, mais c’est le voyage intérieur qui est important.

Une femme écrit des notes dans un journal intime.

Lorsque les effets se sont estompés, j’ai pris quelques notes dans mon journal. Enfin, à ce moment-là, les mots brillaient un peu et je devais me concentrer pour écrire. Mais j’avais vraiment envie d’écrire, vous savez. J’ai ressenti que je devais traduire par des mots ce que je venais de vivre. C’était comme revenir de l’espace : j’ai besoin d’écrire pour ne pas oublier.

Que s’est-il passé lorsque tu as émergé de l’expérience ?

Tout le monde a émergé, mais sans se presser. La musique jouait toujours. C’était juste un endroit rempli d’amour. Tout le monde était assis dans la même pièce tout en vivant leur propre expérience. Les facilitateurs étaient là pour celles et ceux qui avaient besoin d’en parler.

Je me suis levée quelque temps pour prendre de l’air frais et ai juste regardé par la fenêtre. Lorsque j’ai regardé par la fenêtre, il y avait une famille de grues qui volait à travers les arbres en dehors du centre de retraite. Je les regardais juste, respirant l’air frais. Je les regardais construire un nid. Elles prenaient des branches d’un arbre pour les mettre dans un autre arbre. C’est un moment ancré en moi : « Oh mon dieu, elles construisent leur maison tout comme je vais le faire, elles volent et construisent leur maison. » Pour moi, c’était un signe important de l’univers qui me disait : « C’est réel. Ce que tu viens de vivre est réel. Ne m’oublie pas, n’oublie pas ce qui s’est passé. Ne dis pas, “Oh, c’était juste un voyage.” »

C’était une expérience réelle qui m’a remis les pieds sur terre.

Enfin, on nous a invités à parler de notre expérience si on le voulait. Certains l’ont fait, d’autres non. Il y a avait un moment de compréhension de ce qu’on avait juste vu et vécu.

Quelle dose as-tu prise durant la cérémonie ?

J’ai pris une dose moyenne, car c’était ma première fois. Ensuite j’ai pris la seconde dose. Je ne me souviens plus des doses exactes, mais c’était dans la moyenne.

Comment t’es-tu sentie après la cérémonie et le jour suivant ?

Le soir de la cérémonie, je me sentais comme marchant sur l’air, vous voyez ? Je me souviens me sentir très heureuse, très calme, silencieuse. Il y a avait définitivement un moment de compréhension ; le jour suivant également. Il y avait aussi un sentiment de protection dans le groupe, car on était tous ensemble et on avait partagé cette expérience ensemble. On a vécu des voyages différents, mais on était comme des enfants tout excités : t’as vu quoi ? Comment tu t’es senti ?

Il y avait un réel sentiment de paix intérieure ensuite, encore plus lorsque je prenais des notes dans mon journal, réfléchissant aux raisons qui m’ont poussée à venir et à ce que je retenais de tout ça. À dire vrai, tout n’est pas venu à moi comme je l’avais espéré, mais cela m’a donné tout ce dont j’avais demandé.

Je suis partie tellement paisible, tellement prête.

J’ai pris l’avion ce soir-là, d’Amsterdam à Londres en passant par Heathrow ; c’était beaucoup. Les jours qui ont suivi, j’ai parlé de l’expérience à mon mari, j’en ai parlé à mes amis et à ma famille. Je me souviens de ma mère qui m’a dit : tu as l’air transformée, comme si quelque chose avait changé en toi.

J’étais là : eh bien, oui, c’est le cas.

Il y a eu un sentiment fort qui est resté avec moi pendant très longtemps. Enfin, il est toujours là aujourd’hui.

Quelques semaines après, ce qui coïncidait avec mes dernières semaines à Londres, cela a vraiment changé ma façon de voir les choses. Pendant mes dernières semaines à Londres, je pouvais vraiment être présente, m’amuser, et comprendre. Je continuais de voir cette rivière, vous savez ? Je pensais « Cela fait partie du voyage. » Cela fait partie du déménagement que j’ai besoin de faire.

Toutes les peurs autour de ce déménagement, toute l’anxiété et la suranalyse avaient disparu.

Une femme de dos, dans la nature, les bras en l'air, libre.

Comment as-tu vécu l’expérience de groupe ?

L’expérience de groupe était très positive. Pendant la cérémonie, on se sent très individuels, mais on sent également l’énergie du groupe dans la pièce. Et je disais à l’un des facilitateurs – mon groupe était un mélange de francophones et d’anglophones – cela crée un sentiment apaisant d’entendre des murmures en français en arrière-plan. C’était assez magique.

Je pense que c’était super qu’on parle tous au début ; on partageait nos attentes, si on le voulait. À la fin de la cérémonie, on a parlé de ce qu’on en retenait.


On vit notre propre voyage. Mais, pour moi, cela ferme la boucle d’entendre les autres participants expliquer ce qu’ils ont vu. Pas mal de choses étaient différentes de ce que j’ai vécu. Je pensais qu’on vivrait des expériences similaires – bien entendu, il y en a eu –, mais il y avait des participants qui avaient vécu des expériences très différentes de la mienne dans le sens où ils avaient vu des choses différentes. Je pense que partager ces différents points de vue et expériences était une bonne chose, car cela m’a aidée à ressentir la connexion avec le groupe.

Champignon

Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite encore à faire ce genre d’expérience ?

Je pense que c’est normal d’être nerveux. Vous allez dans un endroit où vous n’êtes jamais allés avant. Vous faites quelque chose que vous n’avez jamais fait avant. Ce sentiment de nervosité est complètement naturel.

Faites confiance à la méthode Tangerine. Et faites-vous confiance.

Je suppose que ce qui va ressortir de l’expérience sont des choses que vous avez besoin de voir. Je pense réellement que ce qui est vécu est amené à vous pour une raison.

L’autre conseil que j’aurais est de poser des questions. Les facilitateurs qui sont présents sont incroyables. Ils sont expérimentés. Aucune question n’est stupide. Aucune question n’est ridicule. Quel que soit le sentiment de nervosité ou de trépidation que vous ressentez, posez des questions et soyez rassuré.

Je pense que, pour moi, savoir qu’il y a un médecin sur place, savoir que tout est préparé pour notre sécurité, a joué un rôle très important dans le fait que je me sentais bien. Et vraiment, si vous souhaitez vivre cette expérience, si vous pensez à faire une retraite psychédélique, c’est quelque chose qui vous appelle déjà. Je pense que c’est l’endroit pour le faire en toute sécurité : c’est légal, vous êtes entouré de personnes qui vivent un voyage avec vous, et vous avez tous ces experts qui sont là pour prendre soin de vous. Vous ne pouvez pas être dans un meilleur environnement pour vivre cette expérience.

Comment la retraite a-t-elle changé ton avis sur les psychédéliques ?

Si l’on met de côté les idées que j’avais sur l’utilisation des psychédéliques pour les traitements et la psychiatrie, mon idée des psychédéliques était juste : « Oh, c’est marrant. Prends-en et vois ces choses magiques et ces lumières scintillantes. » C’était vraiment basé sur une expérience extérieure de son corps et une expérience qui intensifie ton environnement, un festival de musique ou quelque chose du genre. Je pensais que les psychédéliques étaient juste là pour cette chose frivole et fun que tu peux faire si tu voulais voir le monde d’une manière légèrement différente.

Depuis la retraite, je vois les choses bien différemment. Pour moi, c’est maintenant comme une médecine, je vois ça comme une chose sacrée que tu consommes lorsque tu veux écouter ton moi intérieur. Je comprends le pouvoir des psychédéliques sur ce qu’ils peuvent t’apporter, ce qu’ils ouvrent.

Ce n’est pas une expérience vers l’extérieur ; c’est une expérience intérieure. Bien entendu, cela n’est pas obligatoire.

Mais on ne peut pas comparer le fait de prendre des psychédéliques et d’aller à un festival de musique avec l’expérience d’introspection, qui libère des parts de nous-même qui ont toujours été verrouillées.

Je l’ai dit à la retraite et je le redis : je veux vivre ces expériences à travers ma vie. Ce n’est certainement pas la dernière fois que je vais participer à une retraite psychédélique. Je suis enceinte maintenant, mais après avoir eu mon bébé, je pense que j’aimerais revenir et explore cette expérience une nouvelle pour voir ce qui en ressort. J’adorerais venir avec ma mère à l’une des retraites psilocybine. Je pense que ce serait incroyable pour elle également. Je réalise le pouvoir que ça donne et ce que cela apporte, ce que cela peut animer en soi.

Pourquoi avoir choisi Tangerine Retreat ?

Comme je le disais, ce que j’ai ressenti avec les questions que vous posiez, le questionnaire de préparation, et l’entretien téléphonique. Lorsque vous cherchez quelque chose comme ça, il y a bien entendu plein de retraites : est-ce que je vais aller quelque part et ça va juste être « Voici des champignons, allonge-toi ou va dehors » ? Comment savoir que ce n’est pas un endroit qui veut juste votre argent où on va juste vous donner des champignons et vous dire d’apprécier le voyage ?

Car c’était un moment très sensible pour moi, j’étais consciente que cela devrait être le bon environnement pour moi. La raison pour laquelle je savais que Tangerine Retreat était fait pour moi est la quantité de détails que vous demandiez. Ce n’était pas juste « Tu veux faire cette expérience, cool, signe ici. »

Vous vouliez vous assurer que j’étais faite pour l’expérience et je voulais m’assurer que Tangerine Retreat était fait pour moi. C’était dans les deux sens, comme dans une relation qui se crée, dans un sens.

Dès que je me suis inscrite, j’ai su que j’avais pris la bonne décision, pour être honnête. Je pensais : c’est exactement l’environnement dont j’ai besoin pour ça. Je me suis sentie en sécurité du début jusqu’à la fin.

On en parle ?

Prenez un rendez-vous d’information gratuit et en français avec l’un de nos facilitateurs.


Une maison cossue dans la campagne, le lieu de résidence de la retraite

Retraite psychédélique aux Pays-Bas

Du 23 au 25 sept. 2026

  • Langue(s) parlée(s) : anglais français Néerlandais
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  • Présence d'un médecin ou infirmier lors des cérémonies
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  • À partir de 1 990 €

Ce contenu a un objectif purement informatif et éducatif. Il ne constitue en aucun cas une incitation à la consommation de substances illégales ni un conseil médical. Si vous souffrez de troubles psychologiques ou médicaux, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié. Certaines substances évoquées sont légales dans certains pays et illégales dans d’autres. Il est de la responsabilité de chacun de se conformer à la législation en vigueur dans le pays de consommation et de mener ses expériences dans un cadre sécurisé.

Ecrit par Arnaud Beauregard,
Fondateur de Tangerine Retreat en 2022, j'ai suivi plusieurs chemins : initialement ingénieur puis entrepreneur, j'ai ensuite suivi des formations en hypnothérapie pour essayer de mieux comprendre les rouages de l'esprit humain. J'ai découvert les psychédéliques à 55 ans. La rencontre avec et les états modifiés de conscience a été une immense révélation devenue, au fil du temps, une varitable passion.

Dernière modification le 22 juillet 2026